E-quilibre - Mettre un combat en mouvement
Certains projets commencent avec un brief très précis. Celui-ci a commencé avec une idée, une danse et surtout une histoire à raconter.
Le chorégraphe Antoine Le Moal nous a contactés pour réaliser une courte vidéo destinée à être projetée lors d'un congrès à l'EPFL, en accompagnement d'une chorégraphie dansée par Silke Pan.
Silke Pan est une athlète et artiste qui, après avoir perdu l'usage de ses jambes, a entrepris un long travail de rééducation lui permettant aujourd'hui de retrouver une capacité de mouvement grâce à des prothèses. La chorégraphie d'Antoine venait mettre ce parcours en mouvement.
Notre rôle était de créer une vidéo qui puisse accompagner cette danse, mais surtout de faire ressentir en un peu plus d'une minute une histoire faite d'efforts, de persévérance et de dépassement de soi.
Nous avions carte blanche.
Pas de scénario précis, pas de storyboard à suivre : il fallait d'abord comprendre la personne avant de chercher à raconter son histoire.
Nous avons donc commencé simplement. Nous sommes venus assister à une répétition avec notre caméra, avons pris le temps de discuter avec Silke et de découvrir sa personnalité, son rapport au mouvement et son parcours.
Puis nous avons filmé.
Des gestes. Des regards. Des moments de répétition. Des détails. Des instants qui, pris séparément, peuvent sembler anodins, mais qui racontaient chacun une petite partie de son histoire.
Le véritable défi était ensuite de trouver comment assembler ces fragments pour retranscrire ce que nous avions ressenti en la rencontrant. Il ne s'agissait pas seulement de montrer une danse ou une prothèse, mais de faire ressentir une personne, un parcours et toute l'énergie qu'il a fallu pour arriver jusque-là.
La vidéo devait rester douce et s'intégrer naturellement à la chorégraphie. Chaque choix d'image, de rythme et de mouvement devait donc trouver sa place sans prendre le dessus sur la danse.
C'est ce qui a rendu ce projet particulièrement créatif, mais aussi particulièrement exigeant. Avec très peu de contraintes formelles, il fallait faire les bons choix et surtout trouver le ton juste.
Ce projet fait partie de ceux dont nous sommes le plus fiers.
Parce qu'il nous a rappelé que la vidéo ne sert pas uniquement à montrer quelque chose. Elle peut aussi permettre de transmettre une émotion, de faire découvrir une personnalité et, parfois, de raconter en quelques images une histoire qui a demandé des années à s'écrire.
Voici la vidéo qui a été projeté comme arrière durant le spectacle: